Rien, bien sûr. Mais…

Rien
Rien de rien
Je n’aime rien
Je ne vois plus rien
Je ne ressens plus rien
Tu ne me fais rien
Tu ne sais rien
Rien de rien
Rien ?

 

Bien
Rien de bien
Je t’aime bien
Bien peu pour mon bien
Les misères de tes biens
Suffisent à ton bien
Etre un peu bien
Mal ou bien
Bien ?

 

Sur
Je suis sûr
Rien de bien sûr
Ta douce morsure
Avant cette mort sûre

Fatale luxure

Tu me susurres
Es-tu sûr ?
Sûr.

Mais
Mois de mai

Emoi de mai

Que sait-on des mais

Et puis zut désormais

Je n’en peux plus mais

De ces mois de mai
Ferme ta maie
Non, ta maie
Mais !

Heur
Pour des heurts

Grand bonheur

D’un petit malheur
Aimé partout à l’heure
Ou la demi-heure

Pour un metteur

Visiteur
Peur ?

Femme
Rien d’infâme
Pour que mon âme
Se damne et s’enflamme
Pour cette belle dame
Qui hurle et se pâme
Et dans les drames
No déclame
Femme.

 

 

Jean-Charles Theillac

Le rap dérape


Orelsan : la controverse


Le rap dérape et les mots claquent

Comme un fouet, comme un ressac.
Il faut choquer, il faut croquer,
Dire sa haine et provoquer.
 

Des signifiants insignifiants
Pour des chanteurs déficients,
Deuxième degré un peu facile
À
disculper les imbéciles.

Des mots qui tuent comme des couteaux
Qui saignent et tuent les animaux.
Des promesses de maux et puis
Des baffes dans sa gueule, du bruit !

Bavardages d’espoirs déçus
Ou ratage de ‘’pied au cul’’
Rapetissant d’idées reçues
Le ‘’rap art’’ naît, c’est du vécu.

Rapeur sans peur et sans reproche,
Rapeux des rues dans tes galoches
Danse et chante ta vie qu’est moche,
Dignité et respect, Gavroche.

Tape et rap plutôt sur les cons
Ils ont la peau tannée, ces cons.
Les jeunes, les vieux et les caducs,
Qui, derrière ton dos, te reluquent.

Un jeun’ rapeur, ça leur fait peur,
Tant pis pour eux, sont pas à l’heure.
La Liberté n’est pas un l’heur

Et les censeurs, des débiteurs
(*).

Jamais contents, toujours rebelle,
Mets pas ton cœur et ta cervelle
À tes chimères souvent cruelles,
À tes instincts qui te harcèlent.

Chante l’amour et ses caresses,
La volupté et la tendresse.
Parle de formes et pas de fesses,
Pas de sale pute mais de drôlesses.

Je ne suis pas ton ennemi,
Ne gâche pas ton énergie
A insulter, même à demi,
La femme, les filles, leur effigie.

 

(*) La Liberté d’expression ne se découpe pas en rondelles

Jean-Charles Theillac

…toilettes!


Le revivrais-je encore ce baiser subreptice,
Que du bout de tes lèvres, tu me fis sans malice ?
Tes longs bras dévêtus m’enserraient contre toi,
Et mon âme enchantée a gravé cet émoi.

Je revois ton image, appliquée et sereine,
Ecrivant sur ce mur de ces lettres ‘’païennes’’
‘’
toilettes’’,  en déliés et pleins, comme naguère,
Enfants, nous tracions de bien beaux caractères.

Cette ‘’touche’’ artistique  se voulait ‘’l’ultima’’.
Y apporteras-tu quelques petits trémas ?
Cette variation de teintes et de tons,
Conçus par ton crayon et tes pinceaux fripons.

‘’Les sourires de Dante‘’ se nourrissent d’éclats
De ton rire amusé, de tes yeux ? Oh ! lala !
Ton aura marquera cet endroit délicieux
Qui n’atteindra jamais la beauté de tes yeux.

Et ces divins breuvages, à en devenir fou,
N’égaleront jamais, de tes lèvres, le goût
D’un baiser délicieux au parfum d’interdit,
Dérobé au détour d’un au-revoir béni.

Volatiles ambitions, éphémères passions,
Que me restera –t-il après tant d’émotions ?
Une photo jaunie à force de regards
Et une main tendue, vers ce curieux hasard.

Avant qu’elle ne retombe pour ne plus rien montrer,
Ni l’inconnu qui passe, ni la rosée des prés,
Regarde la pointer vers l’absolu divin
Essence de tout’ chose, muse des écrivains.

Jean-Charles Theillac

7 juillet 2009

Les Sourires de Dante


« Les Sourires de Dante » place Michel Audiard à Paris 14ème

 ‘’Les Sourires de Dante’’ c’est un petit bistrot

Place Michel Audiard,  dans le Petit-Montrouge.

On y sert des verres, des bouteilles et des pots

Des blancs tous naturels des rosés et des rouges

 

Breuvages de terroirs de France et d’Italie

Qui vous ravissent l’âme, le palais et les sens

Sans compter ses fromages et son café Illy.

C’est un lieu convivial où fleure bon l’excellence.

 

Le maître de ces lieux, c’est notre ami Francis.

Il y répand les goûts les saveurs et l’ambiance

Qui auraient plu à Dante et même à Béatrice,

Accueillante et discrète, dans ce quartier de France,

 

On vous sert L’Antidote ou le Fruit du Hasard

Ou le P’tit Scarabée, Le pot de L’Effrontée.

Tous ces vins de plaisir à l’épreuve des Arts

Et des Lettres intimes à des ceps ventés.

 

Naturels et fruités, ils n’ont connu que l’air

Et la terre rocailleuse de belles vigneronnes

Déterminées, têtues qui demain plus qu’hier

Vinifieront raisins et grappes sauvageonnes.

 

Jean-Charles Theillac
21 juin 2009

La Feuille


La feuille est un petit journal impertinent et insolent qui porte sur la vie de la cité un regard particulier depuis presque vingt ans. Aura-t-on le bonheur de vivre son anniversaire dans la sérénité ?

 

Doit-on laisser « La Feuille » se faner en avril ?
Ce n’est pas la saison : ce temps d’effloraison

Où la sève répand son essence fertile

A travers les nervures jusqu’à la fanaison.

 

Cette Feuille rebelle, satirique, moqueuse

Est un petit journal qui paraît chaque mois.

On y chante potins et pensées persifleuses,

La vie de la cité du côté de chez moi.

 

La crise aurait frappé ce végétal moqueur ?

Que nenni bonnes gens ! Peu à peu ses lecteurs

Désertent la chapelle pour marquer leur humeur

Et aller voir ailleurs si la « soupe » est meilleure.

 

       Toutes ses vieilles branches à son chevet, mandées,

Ont fait un grand fagot pour éviter l’écueil

D’avoir à se couper et à se saborder :

Il faut greffer des pousses et sauver cette Feuille !

 

De derrière ce fagot, je ne sais ce qu’il fût

Décidé :  de planter ou de tailler la haie ?

Pourvu que l’on n’ait pas préféré la laitue

Au glorieux chêne à glands de Monsieur Beaumarchais*.

 

* Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur. 

8 avril 2009

J’aurais tant à te dire…

Je voudrais tant te dire que du fond de la mer
Remonte des chimères à me faire frémir.
Je voudrais tant te dire que du fond de la terre
Est un puissant tonnerre témoin de mon désir.

Je voudrais tout te dire. Qu’en tes yeux, le soleil
Eclaire de vermeil les raisins du plaisir.
Je voudrais tout te dire. Qu’en tes bras, je m’éveille,
Je te vois, je te sens et mon être chavire.

Je voudrais ressentir l’instant d’éternité
Où j’ai pu te saisir,  où tu m’as embrassé.
Enlacé dans tes bras, je me suis étourdi
De plaisir et de joie tel un amant ravi.

Je voudrais ressentir cette félicité.
Tu as su te blottir et je t’ai embrassée
Près du petit sapin, tu as senti ma peine.
Je n’étais pas Rodrigue mais tu étais Chimène.

Le pardon t’appartient, je l’attends et l’espère.
Réel est son mystère et mon chagrin certain.
Je t’aime, ma chérie. Je reviens de l’enfer,
Le paradis sur terre près de toi n’est pas vain.

Ne ferme pas ta porte, à la vie, à l’amour,
À mon cœur qui n’attend qu’un signe pour toujours.
Nous parlerons ensemble et tu me comprendras,
Mon âme qui va l’amble a le désir de toi.

Jean-Charles Theillac

6 avril 2009

N’est-ce pas?

J-S Bach par M.Glen Gould


Exagérer n’est pas mentir.

Espérer n’est pas attendre.

Aimer n’est pas bénir.

Ecouter n’est pas entendre.

 

Des mots pour tous les maux et des croix pour après

Ou des croissants de lune pour sublimer nos nuits.

D’émeraude et d’émaux, cette boîte à secrets

Cachait comme il se doit, tous nos petits ennuis.

 

Regarder n’est pas voir

Jurer n’est pas tenir

Aimer n’est pas vouloir

Rendre n’est pas vomir.

 

Il y avait pourtant dans ce monde cruel

Quelques petits délires : de bas débats immondes

Et de très hautes tailles, pour les petits duels.

Infortune fidèle à l’aubaine du monde.

 

Détester n’est pas maudire

Circuler n’est pas mourir

Ressasser n’est pas citer

Appeler n’est pas chasser.

 

Une punaise rouge, quelques petits trombones,

Un élastique mou, un caillou en agate,

Côtoyaient un carnet de feuilles à colonnes

Et des notes en tous sens rédigées à la hâte.

 

Ecrire n’est pas dire

Jaser n’est pas parler

Blâmer n’est pas punir

Et ruer n’est pas nier.

 

Rebut de la mémoire des hommes et des pensées,
Cassette d’un trésor que le temps passé fige,

Petite boîte en bois qui recèle vertiges

Et peut être vestiges de lambeaux insensés.

 

Jean-Charles Theillac

7 mars 2009

…et tu nous reconnaîtras !

 

 

 

Ô toi ma bien-aimée, mère de mes enfants,

Que n’a-t-on labouré les friches de nos vies !

Que mon cœur en jachère apaise mon tourment

Pour qu’une fleur exhale ce brin de poésie.

 

Tu as tant repoussé mes élans, mes étreintes.

Sur ton corps étendu, j’ai tenté des caresses,

Maladroites, hésitantes. Elles se voulaient empreintes

De tendres attentions et de délicatesses.   

 

Je t’ai toujours donné mon amour en offrande.

J’espérais que ton corps se libère et s’expose

Pour en goûter le fruit, au doux parfum d’amande,

Cet intime de toi comme une fleur éclose.

 

Mais le temps a passé et mon attente est vaine.

Je ne l’ai pas cherchée, je ne voulais pas d’elle.

Elle a su me séduire, élégante et mondaine.

Malgré ma réticence, elle m’a pris sous son aile.

 

Cette femme allongée, dans ce lit, près de moi

Ne prendra pas ta place. Jamais elle ne sera

Ce que je veux pour nous, ce que je veux de toi.

Tu es celle dont je rêve, quand je suis dans ses bras.

 

Ecartelée, offerte, impudique maîtresse,

Je dors dedans son corps, elle s’abreuve du mien,

Puis ses mains me caressent avec tant de tendresse.

Moments délicieux où le temps n’est plus rien.

 

Je te voudrais heureuse, en ces instants, comme elle,

Suspendue dans le temps, l’espace, par le plaisir,

Assouvie et sereine. Mon audace est cruelle :

Ne la rejette pas. Sauras-tu l’accueillir ?

 

Je ne sais si tu veux et pourtant, il me semble

Qu’est venu le moment de songer à nous deux,

À ce que pourrait êtr' notre amour qui va l’amble,

Pour le régénérer dans un galop heureux.

 

S’il n’y avait amour, entre nous, mon amour,

Je n’aurais pas osé. C’est à toi, maintenant.

Je te laisse le temps. Je veux rester toujours

Séduisant, amoureux, ton éternel amant.

28 janvier 2009

 

 

 

 

Clope… un, clope… ans !

Fumer des cigarettes depuis belle lurette,
C’est banal. Et pourtant, arrêter de fumer
Devient un vrai combat, effroyable casse-tête,
Périlleux, délicat, sans victoire assurée.

La raison, le plaisir, le besoin, les effets

S’opposent dans ma tête, dans mon corps tout entier.

La lutte est inégale. À la première bouffée,

Je succombe à Nicot, à son herbe grillée.

 

Je ne me souviens pas m’avoir déjà vu sans

Ce petit bâtonnet, cette putain de clope !

J’ai fumé tout d’abord, pour faire comme les grands,

Jouer à éprouver ce plaisir interlope.

 

D’autres désirs ensuite ont traversé ma vie :

Des envies censurées, des désirs interdits.

Mais le monde fumait ; tous mes héros d’alors

Avaient l’air si heureux, si viril et si fort.

 

Pour comprendre l’enjeu des « faiseurs de cancer »,

Faut dire que ces salauds(*) ont adjoint sans vergogne

De multiples toxiques(**) aux effets délétères,

Lucratifs profits de leur basse besogne.

 

Faut dire aussi bien sûr que les vendeurs de rêves

Nous l’ont bien instillé, ce semblant de bonheur.

Faut dire enfin qu’en face, Esculape et son glaive

N’avaient pas les moyens d’offrir les mêmes leurres.

 

La pensée se délabre entre haine et passion,

Le plaisir et la crainte, le bien-être et la peur.

Sentiments dominants, faits de contradictions,

Deviennent obsédants et sombrent dans l’horreur.  

 

Et pendant ce temps-là, ma raison, mise au coin,

Regard’ s’épanouir mon plaisir malsain,

Car mon corps subira les atteintes fatales,

À moins que la sagesse ne domine le bal.

 

Confrontations stériles, manichéisme vain !

Le corps a ses besoins que la raison ignore.

Le plaisir a les siens que la raison déplore.

Déchiré, torturé… J’arrêterai demain !

 

25 janvier 2009

Jean-Charles Theillac

 

(*)L’Etat, en organisant la vente et en percevant les taxes, est complice.

(**)Voici un aperçu de ce qui est ajouté au tabac d’une cigarette : arsenic, ammoniac, cyanure, acétone, cadmium, formol, benzopyrène, glycol, sulfate d’ammonium, coumarine, eugénol qui est un « phénol », théobromine, glycyrrhizine, pyridine, … Mais aussi, du chocolat, sucre, miel, cacao, caramel, réglisse, etc, … Tantôt mutagènes, parfois cancérigènes, ces additifs sont devenus le dilemme d’une industrie : réduire la toxicité ou réduire les ventes ?

Les composants d’une cigarette

Et maintenant !…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

Des décombres fumantes, apparaissent des mains.

C’est la désolation des lendemains sans gloire.

Les victimes innocentes de conflits dérisoires,

Sont la seule vérité de ce gâchis humain.

La honte, quand j’y songe n’a d’égale que mon ire.

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

Quels idéaux animent ces guerriers de l’an neuf

Qui ne laissent percer, sous leur gilet pare-balles,

Qu’un cœur sous assistance d’une conscience pâle ?

De quel « bois » sont-ils faits ? Tragique coup de bluff !

A vaincre sans péril… le pire est à venir.

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent

Et la terre évacue ses dernières fumées,

Laissant un goût amer aux gorges des vivants

Et des larmes d’opprobre sur les joues des enfants,

Orphelins ou blessés, souffrants du verbe « aimer ».

A triompher sans gloire… pouvons-nous leur traduire ?

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

Les barbus malfaisants, bienveillants pour eux-mêmes

Ont-ils bien pesé la portée de leurs gestes ?

Combien de sang versé, d’imprécations célestes,

Suffiront à leurs vœux pour qu’ils disent : « Je t’aime ».

A défier le diable, ne croit pas qu’il expire !

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

A propos de barbus, avez-vous remarqué

Qu’ils sont dans les deux camps et aussi peu commodes ?

Pilosité divine ou simple effet de mode ?

Qu’une Dalila vienne un jour à débarquer :

Elle coupera leurs poils pour ôter leurs délires.

19 janvier 2009
Jean-Charles Theillac  

L’hirondelle de Gaza

 

Ecouter l’hirondelle gazouiller à Gaza :
Est-ce un vœu utopique ou l’ultime arrogance
D’un vrai désir de Paix, de la faim d’un visa
Pour un monde meilleur à l’abri des violences ?

L’hirondelle à Gaza, hélas ! C'est peu probable.
À
moins que cet oiseau n’amène un brin de buis,
Pour nicher ses petits dans le coin d’une étable
Et apporter la joie aux enfants gazaouis.

Jamais jusqu’à ce jour, autant d’Hommes n’ont voulu
L’arrêt de cette guerre pour une « Paix des braves »,
D’hommes de volonté et d’esprit résolus
À apaiser les haines et ôter les entraves.

Lourd destin pour ces peuples d’Abraham héritiers !
L’un et l’autre ont voulu reconquérir leur terre
Dans le sang et les larmes, jusqu’à se sacrifier,
Pour un « ciel apaisé », paradisiaque enfer.

Le jour où tous ces hommes accepteront l’idée,
Qu’il n’est point suffisant de porter un keffieh
Ou une kippa juive, pour auto-justifier
Un’ légitimité à fourbir ses blindés,

Pourrons-nous exporter notre laïcité,
Une terre commune, à partager demain,
Chacun selon son culte, dans la sérénité
Des obstacles abattus, comme le mur de Berlin ?

Si des Hommes ont fait ça, ce doit être possible :
Palestine, Israël, dans la Paix retrouvée.
Shalom, Salem, priez ! Le Coran ou la Bible,
Pour une ère nouvelle et des enfants sauvés

Car ils en rêvent tous de respirer l’odeur
D’une atmosphère limpide de fraîcheur et de joie,
D’entendre une hirondelle gazouiller à Gaza
Et de voir les enfants cueillir de belles fleurs !

C’est une question de temps, une affaire de tempo !
Le monde a fait la preuve de sa maturité.
Pas partout, pas toujours, hélas ! Mais, à propos,
La Terre, ce bien commun, est-elle civilisée ?

Jean-Charles Theillac
15 janvier 2009

Pauvre de nous !




On va tous s’embrasser et puis se souhaiter

Le meilleur des bons vœux, de bonheur et santé,

Et puis s’en retourner, le cœur plein de tendresse

Vers d’autres horizons, de nouvelles promesses,

 

Comme pour se laver des « miasmes » du passé

Et se régénérer dans une ère nouvelle.

Cette année sera dure et nous fera payer

Les errements d’aucuns et de leur clientèle.

 

Où est passé le fric ? Il est passé par là…

Mais ne repass’ra pas, il a pris la sortie :

Les paradis fiscaux, les îles, les scélérats.

Petits…Petits…Petits… Revenez par ici !

 

On va bien saupoudrer quelques petits délices

Pour les plus démunis, les plus pauvres de nous.

C’est l’Histoire à présent qui trouvera le vice

Bien caché et bien tu, de ce tournoi de fous.

 

Qu’allons-nous découvrir sous cet amas « marron »,

Quand le raz-de-marée se sera retiré ?

Des visages marqués par les « coups de bâton »

D’une misère injuste trop souvent ignorée.

 

Les années de l’an neuf ont souvent présenté

Un changement brutal, une révolution.

C’est à nous d’explorer la possibilité

Que revive l’ardeur de ces belles passions.

 

On ne peut pas prédire ce que sera demain,

En tout état de cause, il faut attendre un peu

Et ne pas abdiquer, croire au génie humain.

C’est lui qui donnera la réponse à nos vœux.

 

27 décembre 2008

Ainsi soit faite!














En Inde, au bord du Gange, un homme paisible et bon,

À demi immergé dans le fleuve sacré,

Priait avec ferveur et grande dévotion,

Recherchant l’absolu dans les eaux agitées.

 

Une grosse araignée qui surnageait bien mal

Dans le flot des eaux vives était en grand danger.

Avec délicatesse, il saisit l’animal,

Le posa sur la terre afin de le sauver.

 

L’araignée venimeuse, qui était faite ainsi,

L’avait piqué au doigt. Le venin déposé

Dans cet être en prières, n’eut pas d’effet sur lui.

L’harmonie de son âme l’avait immunisé.

 

Le lendemain matin, notre indien était là…

Et l’araignée dans l’eau. Lui méditait toujours.

Sans plus d’hésitation, il la prit et d’un pas,

La posa sur la rive pour lui porter secours.

 

Ainsi faite, l’araignée repiqua le têtu,

Sans se préoccuper de l’humaine intention.

Elle finit par lui dire : « Mais pourquoi t’obstines-tu,

À vouloir me sauver avec abnégation ? » 

 

Notre homme était ainsi, bienveillant et conscient

De l’état de chacun et du pourquoi des choses :

Même si les autres piquent, il se devait brillant,

En tout lieu, en tout point et quelle qu’en soit la cause.

 

23 octobre 2008  

La grande hypocrisie




















Ils gouvernent le monde et on n’en parle pas.
L’argent, le sexe et pour beaucoup, la religion.
Que n’a-t-on pas commis, au nom de ces trois là !

Quell’ vaste hypocrisie, quelle honteuse affection.


Je mettrais volontiers à part, la religion,

Au nom de l’absolue liberté de conscience.
Mais les deux autres, au moins, méritent réflexion,
Il n’est pas vain pour eux de manquer de méfiance.


L’argent va à l’argent. Cela se vérifie

Ô combien, aujourd’hui, grâce à ces Harpagons
Qui sont bien engraissés, ne voulant faire fi
Des lingots amassés au nez des parangons.


Et l’Homme dans tout ça ? Il se bat, se débat,

N’en croyant pas ses yeux ainsi que ce qu’il oit.
Il faudra bien qu’il cesse, ce cruel branle-bas,
Sinon l’hiver prochain, il va faire trop froid.


Et le sexe dans tout ça ? Il dirige le monde.

Il confère aux affaires un alibi puissant,
Génère l’Humanité dans sa bulle féconde,
Pour mieux l’emprisonner en ce désir ardent.


Le sexe et le pognon ne sont qu’hypocrisie.

Les Hommes ont en commun, le même regard lubrique,
La même frénésie, la même fatrasie(*),
Pour un billet de cent que pour l’objet phallique.

Ainsi va notre monde et les hommes ainsi faits,
Qu’ils seraient des menteurs de nier l’évidence.
À quoi bon le cacher et en faire un secret :
L’argent, comme le sexe, sont pourris d’indécence ?

Jean-Charles Theillac

 

(*)Au Moyen Âge, pièce de vers satiriques caractérisée par l’incohérence de la pensée ou du langage.

 

Pénélope

Rencontres opportunes que le destin réserve,
Vous avez le parfum du bonheur assouvi,
Des instants rares et chers que ma mémoir’ conserve
Des replis de mon âme, vous en êtes la vie.

Un visage, un regard, un sourire, une larme,
Quelques mots échangés et puis c’est le désir,
Qui naît et s’amplifie tout à coup sous le charme,
L’espoir(e) d’un baiser échangé à venir.

De deux corps étendus, l’un à l’autre noués
Un frisson, une peau, un toucher esquissé,
C’est le bonheur douillet de deux êtres échoués
Dans un lit de coutil adroitement tissé.

Et le soir de ce jour où l’amour se ciselle,
Apparaîtra la lune dans son habit de fée,
Nous porter la lumière mystérieuse et belle,
De deux êtres étourdis, l’un de l’autre assoiffés.

Et puis viendra l’hiver, rigoureux et trop long
De moments suspendus, d’une longue syncope,
Attendant le printemps et ses premiers bourgeons

Pour retrouver, sereine, ma belle Pénélope.

Jean-Charles Theillac

A ma bonne maîtresse

Pour atténuer la peine de sa maîtresse,
le petit chien Indy m’a laissé ce message:

 

Je m’appelais Indy et votre peine est grande.

Mais ma vie fut très belle auprès de toi maîtresse,

Fidèle et bienveillante, tu m’as couvert d’offrandes,

De bontés, de cadeaux et de maintes caresses.

 

J’étais ton compagnon, fidèle et amoureux.

Auprès de toi souvent, je me suis endormi,

Repu et satisfait de cette vie à deux,

Pour un chien avec toi, j’étais heureux, ma mie.

 

C’est ave’que regrets que je quitte le bal,

Mais aussi le bonheur d’aller au paradis,

Des toutous, des matous, des âmes animales,

Pour te servir toujours, d’ange gardien d’ici.

 

Sois pas triste maîtresse, mais pense à moi souvent.

De là-haut où je suis, je te vois malheureuse,

Tu sais, un petit chien, ça vit rapidement,

Pour nous le temps est court et notre vie précieuse.

 

Tu me l’as rendue belle, ma vie de petit chien.

Et pour te remercier je t’envoie des léchouilles,

De bons câlins canins. Je préférais les tiens

Que je n’oublierai pas, ainsi que tes papouilles.

 

Indy

P.c.c. Jean-Charles Theillac

USB, mon amour

Une bonne histoire, pour sourire un peu.
Merci à Gégé pour son humour discret

 

 

Rentrer chez soi la nuit, sans y être attendu,
Peut parfois provoquer, des scènes saugrenues.
Son mari au travail et loin de la maison,
Madame s’envoyait son amant sans façon.

De la porte d’entrée, un petit bruit mit fin
A la grande effusion de nos deux galopins.
S’échapper d’un logis sans cachette réelle
Et du douzième étage, fallait avoir des ailes.

« Reste calme et debout, immobile et muet »
Lui intima l’hôtesse. Le mari guilleret :
« J’ai pu rentrer plus tôt. Mais qui c’est ça dis-moi ? »
« Un robot sexuel, c’est mon dernier achat ».

« Entre tes réunions, voyages et rendez-vous !…
Microsoft a sorti ce robot ‘Slave for you’…,
Un vibro en plus grand…, tu ne veux pas quand même,
Que je me tape enfin, le plombier du troisième ? »

« Laisse ça de côté, je voudrais t’émouvoir »
La dame étant servie, « Non, chéri, pas ce soir ».
Dépité, le mari, suggéra la dînette.
Mal à la tête oblige, elle préféra l’om’lette.

Détaillant le robot d’un coup d’oeil narquois,
Il se dit : « Si c’est bon pour elle, c’est bon pour moi »
Baissant le pantalon, il fit sien ce constat
Et entreprit d’user du robot placé là.


Une voix métallique, nasillarde et scandée,

« Er-reur-systè-me-em-pla-ce-ment-U-S-B »

Le mari excédé prit l’amant dans ses bras,

Et ouvrit la fenêtre… La même voix cria :

« WindowsXPréinitialiséveuillezréessayer ».


Jean-Charles Theillac

Les « damnés » de la sphère

Je ne vois rien de bon dans cet Orient terne,

Du brouillard et du sang et des drapeaux en berne

Maculés et flétris par des êtres impies

Croyant dans le néant, la nouvelle utopie.

 

C’est ce que j’écrivais, il y a quelques jours.

Ce n’est pas folichon, mais je crains qu’alentour

Ce ne soit pas meilleur. Où c’est-y l’Ossétie ? (*)

Un oukase au Caucase, ça intéresse qui ?

 

Pendant que nos sportifs font la chasse aux médailles,

Que devant nos télés, on ouvre l’éventail

De nos pieds nickelés, l’apéro bien au frais,

Le petit peuple a honte et vit à petit prêt.

 

Endetté jusqu’au cou par les marchands de rêves,

Précarité oblige, on respecte la trêve.

Finis les ouvriers. Techniciens, ils sont tous,

Au Smic évidemment et en plus on les pousse.

 

La noblesse du mot -ouvrier qualifié-

Est restée au placard de quelqu’ antiquité :

La fierté des anciens de ramener le pain

Pour nourrir la famille sur son petit lopin.

 

Bien nourris, ils le sont, les « damnés » de la sphère.

À compter leurs biftons, à redouter l’austère,

À craindre que ne craqu’ le Nasdaq ou le Cac

Et à la fin du temps, ils ne meur’nt pas, ils claquent.

 

Les petits héritiers qui se déchireront

Les restes à partager, deviendront gros et gras

Pour faire comme papa. Ils seront « trop » et rats,

Sans jamais ressentir le rouge qui monte au front.

 

De celui qui fait mal, par l’exploit d’un huissier,

Va-nu-pieds en grand’s pomp’s, avec ses gros sabots,

Nécrophag’ patenté, ce sbire des beaux baux,

Qui nous la baille belle, et nous fait bien ch…

 

Cela dit…

 

Je n’ai pas de rancœur, je n’ai pas de rancune.

Simplement je regarde et je vois, de la lune,

Que la sphère est petite et, bien qu’elle soit bleue,

 On dirait un bateau qui vogue dans les cieux.

(*)En Picard, dans le texte

 

Jean-Charles Theillac

 

Espérance

Les ans qui s’amoncellent au dessus de ma tête

Me rapprochent à grands pas du début de la fin.

Sera-ce un long début ou une longue fin,

Sera-t-elle un peu bête ou encore mieux, coquette ?

 

Là, est cette question entre être et non-être,

Qui nous taraude tous. Gardons en capital

Que la vie est innée, que la mort ne peut l’être.

Manquer de savoir-vivre, ça peut être fatal.

 

Ce qui nous intéresse, c’est la date, où et quand ?

Dans mon lit, le plus tard, peut être ma réponse.

Ou ici, maintenant, l’heur’ de lever le camp.

L’apéro est servi, faites publier l’annonce.

 

Même les condamnés ne savent pas le « quand ».

Ils sont un peu comm’ nous, constamment en appel

D’une juridiction composée de mortels

Qui ignorent qu’eux-mêmes, connaîtront cet instant.

 

La vie est pourtant belle et mérite la gloire

Du miracle de vie et de toute existence.

Les virus et microbes ne sont là que pour voir

Si le cerveau humain porte en lui la prudence.

 

C’est une vie aussi, celle de ces « bestioles »,

Qui nous bouffent la vie et nous coupent la parole.

Créations inutiles de je ne sais quel Dieu,

Vous nous privez, fossiles, du meilleur de nos vieux.

 

Espérance est donnée à tous ceux qui nous aiment.

La tumeur de l’espoir, le cancer de l’amour,

Ne risquent pas demain de porter l’anathème

Sur notre monde à nous, ceux qui s’aiment toujours.

 

Jean-Charles Theillac

Au hasard, à Bayonne

 

On y fait des rencontres. De souvenirs passés

Et à venir, on crée des mémoires de noms,

De prénoms pour après, des visages flashés,

Au gré des grises mines et des vrais histrions.

 

Certains se lèvent tôt, d’autres se couchent tôt,

Ces cinq jours d’août ont fatigué les cœurs

Et les corps allongés à l’abri des clameurs,

Loin du pont du Génie et du pont Marengo.

 

En lisant cette prose, elles se reconnaîtront.

Parisienne blonde, douloureuse et peinée

Qui ne méritait pas d’avoir été larguée,

Dans cette foule en fête, au milieu des flonflons.

 

À Christine et Mimi, deux vraies chtis d’origine,

Charmantes ambassadrices du pays des corons

Qui savent faire la fête et paraître lutines,

Dans cette chaude ambiance en face de l’Aviron.

 

Passantes nonchalantes, caressées d’un regard,

L’avez-vous remarqué, celui qui vous cherchait ?

Montrez-vous attentives, car on ne sait jamais :

Les rencontres fortuites sont-elles dues au hasard ?

 

2 août 2008